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Egschiglen — Zazal –

Les vertigineux et miraculeux chants diphoniques mongols.

Sublime évidence, ‘Zazal est l’album qui valide des années de recherches et de nomadisme entre le Conservatoire d’Ulaan Baatar, la capitale de la Mongolie, et un hameau de la Franconie allemande d’Egschiglen.

Que de chemin effectué depuis 1991, date de la création du groupe par une poignée d’étudiants ancrés dans la tradition mais déjà résolument contemporains !

Lors d’une première étape, ils interprètent les premières compositions mongoliennes modernes écrites par leurs compatriotes formés à l’école soviétique.

Dès lors, Egschiglen se penche sur les arts musicaux populaires du monde des steppes, reflets des traditions chamaniques et lamaïques comme le chant épique et le chant de louanges, rescapés miraculeux après 60 ans de réalisme socialiste.

C’est l’époque des déambulations dans le labyrinthe des acrobaties vocales, le khöömi, émission simultanée d’un bourdon et de sons harmoniques ‘ le khailakh récitatif – ou encore le mélodieux duulakh. S’y ajoutent maintes recherches sur le langage sonore de la vielle-cheval, la cithare trapézoïdale et le luth à 2 cordes.

Au fil du temps, le groupe installe une nouvelle dialectique entre chants et instruments. Les retrouvailles d’écriture et d’orchestration transforment peu à peu les chansons en de merveilleuses structures flottantes.

Expression d’une liberté mûrement conquise.

Une réflexion conjuguée sur les racines et le cheminement que la formation a développée au cours de ces périples entre l’Est et l’Ouest. Désormais l’univers poétique et composite des nomades mongols rassemble les langages pour exprimer le désordre heureux de leur voyage.

Alors que certains morceaux font appel à des styles traditionnels, il souffle dans les compositions le vent d’une extraordinaire créativité.

En aucun cas poussé par l’urgence de la modernité et en évitant tout hybridation mondialiste, EGSCHIGLEN joue avec les transpositions mélodiques et développe une musique lumineuse mêlant fredons étranges, muettes gutturales et digressions pentatoniques.

EGSCHIGLEN remet à zéro les compteurs de la musique traditionnelle et savoure une liberté nouvelle.

Avec ‘Talin sahli, une improvisation basée sur une mélodie traditionnelle japonaise curieusement détournée pour conter les aventures de Genghis Khan, la rupture avec la norme est définitivement consommée, offrant le tout premier rap-racines mongol de l’histoire.

De cet équilibre entre la tradition et la modernité, naît tout l’art défricheur d’EGSCHILGEN, un nouvel art du son et du temps, qui laisse passer le vent, la lumière et le silence, jouant de façon jubilatoire avec l’espace des steppes.

Cet album plus qu’une révélation, est un événement , Écoutez et surprenez-vous ‘