Gjallarhorn — Sjofn —

SJOFN est la déesse scandinave des temps anciens qui réveille amour et passion entre les êtres. Elle est la gardienne de ce disque où les chants apparaissent comme les rencontres entre à la fois le genre humain et le genre spirituel. Elle est aussi une protectrice des fêtes annuelles du printemps qui étaient célébrées dans les temps anciens dans les pays nordiques.

Des feux de joie étaient allumés pour l’honorer, ainsi que ses s’urs-déesses de fertilité, tous les printemps, dans l’espoir qu’elles sèment des graines d’amour et de croissance à la fois chez l’homme et la terre, pour apporter l’amour et bonne récolte aux êtres humains.

Ce disque est fait de ballades, de polkas et menuets du XIXème siècle, mais sans poussière d’archive. Le rythme des danses au tempo subtil, l’interprétation transparente des ballades par Jenny Wilhelms, de concert avec le didgeridoo, produit un son d’une puissance mystique et les sons des dauphins s’insèrent, bizarrement, tout à fait naturellement au chant de style traditionnel du Kalevala et d’une Kalimba africaine. Nommé du nom de la déesse de l’amour et de la passion, SJOFN repose sur le mysticisme de la nature nordique.

Le son large est une belle combinaison de quelque chose à la fois ancien et moderne, à la fois régional et universel , SJOFN, c’est autre chose, homogène, sensé et plein d’assurance.

LE MONDE DE LA MUSIQUE : La voix est fraîche, elle se mire dans les effets de re-recordings, devient ch’urs polyphoniques. Ses compagnons dressent derrière elle un imposant mur sonore à partir d’une multitude d’instruments sans jamais sombrer dans la dispersion.

Nuançant admirablement les climats, renouvelant constamment les arrangements, le groupe parvient à donner un tour captivant à ces instrumentaux – menuets et polkas – tirés de la musique ancienne, à donner vie à ces chansons qui tournent du mythe de Sjofn, la déesse de l’amour qui rapproche les êtres. Un pari risqué et une vraie réussite.

REPERTOIRE : Le quatuor travaille sur les traditions suédoises enclavées en Finlande, le tout avec une sérieuse dose d’influences glanées aux traditions des petits peuples de la Baltique.

Entre Suède, Lettonie, Finlande, entre chants de femmes, anciennes sagas, histoires de trolls, de grands feux, mystères des dauphins et des profondeurs des eaux, l’excellente chanteuse et ses comparses nous bricolent un paysage sonore envoûtant…

Violons, mandoles, guimbardes et voix dessinent les mélodies et dressent les chants, tandis que percussions et didjeridoo s’en viennent, sans complaisance exotique, relever le tout d’une multitude de sons, de bourdons, de souffles, de battements de c’ur.

Il n’en ressort que du Scandinave, nouveau, resplendissant, à des milliers de lieues des conventions mais pourtant suintant de traditions. Etrange et forte, la musique de Gjallarhorn est une expérience qu’il ne faut pas bouder, elle ouvre une belle porte vers ces musiques du Nord qu’on ne connaît pas assez.