Tags

Articles Similaires

Réseau Social

Ranganayaki Rajagopalan — Vina d’Inde —

L’INSTRUMENT :

LA VINA, LE MYSTERE DE LA MUSIQUE INDIENNE.

Le terme générique de vina désignait, dans l’antiquité, une immense famille d’instruments à cordes.

De nos jours, le mot est cantonné à un type de luth à cordes pincées (appelés Bin dans le Nord).

La sarasvati vina – l’instrument de prédilection pour l’apprentissage musical des jeunes filles du sud – est associée à la déesse éponyme des arts, de la musique et de la connaissance.

Volumineuse et creusée dans le teck, elle est munie de frettes et comporte quatre cordes mélodiques en alliage ainsi que trois cordes à vide, pincées rythmiquement.

La corde la plus haute est placée du côté du corps et non vers l’extérieur comme pour le sitar.

Le son de la vina est apprécié pour sa douceur et sa pureté.

L’INSTRUMENTISTE :

UNE MUSICIENNE EXCEPTIONNELLE

Doyenne des joueuse de vina de l’Inde du sud, Ranganayaki Rajagopalan a eu la chance d’étudier dès l’âge de trois ans auprès du célèbre Maître Karaikudi Sambasiva Lyer, qui était son voisin et l’avait prise d’affection, étant lui même sans descendance.

Ce géant de la vina, né en 1888, appartenait à une famille de musiciens depuis sept générations, il jouait en duo en compagnie de son frère sous le nom des Karaikudi Brothers.

Le destin de la fillette était alors scellé malgré la dureté de l’exigence du Maître – comme l’interdiction formelle d’aller jouer dehors .

L’enfant, devenue jeune fille, l’accompagne dans ses concerts dès l’âge de treize ans et ne le quitte qu’à sa mort en 1956 pour se marier.

Cette musicienne au maintien sévère a acquis une réputation inégalée dans son interprétation vertigineuse où les pulsations rythmiques swinguent avec force et allégresse.

Elle déplie limpidement les richesses sinueuses et éminemment complexes de l’étonnant monde musical carnatique.

LE MONDE DE LA MUSIQUE :

Ranganayaki Rajagopalan représente la plus vénérable tradition de la vina’ dans l’aire carnatique.

Eduquée à la musique dès l’âge de trois ans par un des maîtres les plus célèbres de la musique savante de l’Inde du sud, elle est devenue, dans sa maturité, une référence.

En une heure, elle donne ici un aperçu d’une technique et d’un style à la fois brillants et retenus.

Son jeu, d’une pulsation très régulières, très ferme, très soutenue, ne se laisse jamais aller à une faconde trop virtuose, même dans une spectaculaire pièce accompagnée au’mridangam’ (le tambour à deux membranes du Sud).

Outre cette pièce, d’ailleurs, elle es enregistrée en soliste, ce qui permet de percevoir avec une très grande clarté le grain de l’instrument et la technique du musicien.

Il y a dans la musique jouée par Ranganaki Rajagopalan une palette extrêmement fine et diverse de couleurs, qu’elle semble méditer, décrire ou paraphraser une à une.

sans jamais perdre le parfum de l’ensemble, l’harmonie qui se dégage de leur dessin général.

Appliquée à la peinture, cette méthode analytique et rêveuse serait à la fois pointilliste et illusionniste, abstraite et charnelle, tenant de Seurat autant que de Mantegna.