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Silvério Pessoa — Bate O Manca, O Povo Dos Canaviais —

Date de Sortie: 03/2004

Nombre de Titres: 13

L’enfant des campagnes du Pernambuco, Silverio Pessoa, nous propose sa vision de la musique du nordeste brésilien.

Forró, Batuque, Bumba meu Boi, Coco ‘

Une irrésistible invitation à la danse, dans l’esprit originel des ‘bals forró’ de là-bas.

Véritable perle musicale, délicieuse plongée dans l’âme du peuple des champs de canne à sucre.

Le Forró de Silverio est une synthèse des danses et chansons des travailleurs des champs et des usines de canne à sucre, mêlées aux influences urbaines telles que le Rock et le Hip Hop.

Ce mélange original donne une toute nouvelle dimension au Forró, sans renier ses racines.

Son quartet utilise sur scène les instruments traditionnels du forró: sanfona (accordéon), zabumba et triangle ou ganzá, le tout soutenu par la basse, référence pop/urbaine.

Le résultat est une irrésistible invitation à la danse, dans l’esprit originel des « bals forró » de lá-bas.

Du vert à perte de vue… Un vert dense et uniforme.

Lumineux sous le soleil implacable de l’été qui immobilise la nature et l’air et retient la respiration du ciel.

Vert mélancolique et poignant, qui ruisselle lourdement sous les trombes d’eau qui tombent à la saison des pluies.

C’est le vert des champs de canne à sucre.

De loin en loin, une haute cheminée en briques jaillit de cette marée verte : une usine.

De là partent vers le reste du pays et du monde les sacs de jute grossier, remplis de sucre.

Depuis cinq siècles, l’économie sucrière fait vivre la Zona da Mata, région côtière du Nordeste brésilien.

Économie ancestrale.

Et les ancêtres venaient les uns d’Afrique, esclaves enchaînés , les autres du Portugal, aventuriers stigmatisés par la «saudade», le mal du pays, il y avait aussi les Indiens, violentés par l’envahisseur.

Sans oublier tous ceux qui, au XVIIème siècle, convoitèrent les lieux et tentèrent de s’emparer d’un bout du gâteau.

Essais ratés dans l’ensemble, mais dont restent quelques traces : Sâo Luis capitale du Maranhâo, fondée par les Français, Recife modelée par les Hollandais qui ont bordé le littoral de forts et déposé leurs semences dans le ventre des autochtones.

Ça explique toutes ces chevelures blondes, tous ces yeux verts – verts comme les champs de canne à sucre – chez « le peuple des champs de canne à sucre » – 0 povo dos canaviais – comme les appelle, par un bienvenu néologisme anthropologique, Silvério Pessoa.

Un peuple qui s’est façonné sur ces blessures une culture d’une immense richesse, faite d’un mélange de traditions venues de partout: légendes, mythes, représentations, cuisine, artisanat, littérature – orale le plus souvent – danses et musique.

Avec ses harmonies propres, ses thématiques particulières, ses voix aux tessitures sans autres pareilles et des rythmes à n’en plus finir, la musique du Nordeste raconte les douleurs dont elle est naît et les joies par lesquelles elle les surmonte.

Musique de fête, de travail, de cérémonies, de rites, de vie et de mort, musique de la terre, des racines.

Et pourtant ouverte à l’évolution, toujours encrée dans la tradition mais toujours dans l’air du temps.

Musique de transmission. Les troubadours des origines et les enfants de la pop music, les anciens et les modernes, sans querelles, se passent le relais.