Simona Barbera — Mirto –
De lamento en abbanniata, de chanson d’amour en prières, toute l’âme secrète de la Sicile.
Abandon et extase, humilité et envoûtement.
La voix claire, puissante et expressive d’une chanteuse intemporelle
au charisme redoutable
Entre tradition du lamento sicilien et compositions les plus novatrices.
Insuffler à la tradition sicilienne une vie réellement nouvelle, fantastique, donner à l’âme de cette île magique de l’extrême sud de l’Italie une densité expressive moderne – telle est l’aspiration de cette artiste .
Dans Mirto, par le traitement qu’elle impose aux sonorités, aux harmonies, aux rythmes et à la langue, elle apparaît comme une véritable chamane’ : aucun élément de ces textes lyriques – écrits et dits en vieux sicilien – n’est dû au hasard. Chaque souffle, chaque bribe de composition est délibérément choisie.
Tout est au service d’une vision: conduire le chant, tel un dialogue avec les oiseaux, au point le plus haut et le plus intime de l’union avec la nature. Les lamentations, aussi vibrantes et métalliques soient-elles, se teintent d’une douceur bien tempérée qui les soustrait aux sentences jaunies sur le caractère sicilien. Elles sont l’expression moderne de la souffrance universelle la plus profonde et d’une joie intacte.
En Irene Vannucci, une jeune pianiste de Florence, Simona Barbera trouve la compagne idéale de ces vagabondages siciliens. Irene Vanucci ouvre à cette collaboration une perspective étonnante par l’interprétation qu’elle donne du lamento sicilien : entre fascination (induite par le théâtre) et libération (fruit de l’improvisation).
Simona Barbera s’est créé une image très personnelle de l’île de Dionysos, le dieu du vin et des arts – par la sculpture, la photographie et les performances, mais aussi et surtout par la découverte tous azimuts des sons et des voix : religion ou coutumes païennes, vie baroque, rêveries somptueuses et monumentales, respect de la nature, chaleur spontanée et réserve glaciale, joie de vivre mise en valeur par la morbidité ambiante, amour sans fin, dépassant le seuil de la mort, mais aussi le drame quotidien des paysans, des charretiers et des hommes de la mer.
Un hommage à la Sicile imaginaire de Simona Barbera !
Cet album est une rencontre passionnante avec une artiste, une voix, qui ne cache ni sa souplesse ni son caractère, ni son engagement pour la modernité des chants siciliens traditionnels, ni sa quête implacable d’espaces sonores encore inexplorés !
Fille de Siciliens immigrés à Gênes, Simona Barbera a grandi baignée de musique. Jusque dans le grand port du nord de l’Italie, pas une seconde les chansons de son grand-père n’ont cessé de résonner à ses oreilles. En Sicile, ce grand-père, comme beaucoup d’autres chanteurs ambulants, était détenteur de pouvoirs religieux et grand ordonnateur des choses musicales lors de ces mystères que sont les fêtes sacrées et les grandes réunions de famille.
Ses chansons allaient au rythme du travail : à la fois rituels paraliturgiques et manifestes révolutionnaires de la paysannerie pauvre tout aussi bien que cris d’amour féminins, chansons de prisonniers, berceuses et complaintes. C’est ainsi qu’avec une précocité liée à la distance, Simona Barbera s’est créé une image très personnelle de l’île de Dionysos, religion ou coutumes païennes, vie baroque, rêveries somptueuses et monumentales, respect de la nature, chaleur spontanée et réserve glaciale, joie de vivre.





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